Je m'appelle Jennifer, j'ai bientôt 33 ans, je n'ai pas (encore) d'enfants.

Pendant près de 15 ans de recherche en autodidacte dans le domaine de la santé et du bien-être en général, j'ai exploré pas mal de champs divers et variés (yoga, course à pied, natation, osthéopatie, shiatsu,...) qui m'ont finalement tous amenée à leur dénominateur commun : la diététique.

A 33 ans, plus que jamais, j'adopte la conception orientale de la santé (médecine chinoise, ayurveda...) : la santé, ça se mérite, et pour la conserver il s'agit avant tout de se prendre en main et de privilégier le préventif au curatif. Si l'on ajoute à cela le précepte japonais "nous devenons ce que nous mangeons", tout est dit : notre santé passe par notre alimentation, et il ne faut pas attendre de tomber malade pour nous y intéresser.

1/ Mon exploration des régimes alimentaires...

L'alimentation-santé est fondamentale, mais il convient tout de même de nuancer ce principe : bien manger, c'est aussi se faire plaisir, partager des moments de convivialité et écouter ses envies. Pour avoir pratiqué pas mal de régimes différents (régimes hypocaloriques ou hyperprotéinés, chrononutrition), je réalise aujourd'hui que des contraintes trop rigides et des frustrations prolongées nous rendent malheureux et obsédés par notre assiette, et provoquent finalement à tous les coups craquages et troubles compulsifs.

Ces ratages ne sont pas anodins sur notre santé physique (yoyo et conséquences sur notre corps) et sur notre santé mentale : on se sent toujours fort et invincible pendant les premiers jours d'un régime, puis quand on craque, on culpabilise un max et notre estime de soi se détériore.

2/ Ce qui m'a fait sortir des régimes yoyo :

Un livre a profondément modifié mon rapport avec la nourriture et m'a fait sortir du cercle infernal des régimes : "Maigrir, c'est dans la tête" de Philippe Zermati. Ce médecin expose les méfaits des régimes qui perturbent notre rapport à la nourriture. Au lieu de nous imposer des quantités d'aliments à ingurgiter et d'en bannir certains que l'on classe dans la catégorie des 'mauvais', nous devrions simplement écouter les signaux qu'envoient notre cerveau et notre corps. Je me souviens en effet pendant certains régimes m'être forcée à manger des légumes sans faim pour me 'remplir' et ne pas craquer sur le chocolat : mais très souvent je finissais par craquer et manger trop de légumes et trop de chocolat. Ecouter ses envies, c'est manger les deux carrés de chocolat dont on rêve avec délectation et s'en contenter, rassasié.

Zermati appelle cela l'autorégulation : la capacité de détecter sa sensation de faim, de comprendre ce qui nous fait envie, de s'en délecter, puis de s'arrêter naturellement de manger quand le plaisir décroit : c'est le rassasiement. Le cerveau nous informe que nous sommes rassasié quand nous avons mangé les nutriments dont notre corps avait besoin en qualité et en quantité. L'autorégulation, c'est ce dont sont capables 99% des enfants instinctivement, avant d'être déformés par la société et nos modes de vie actuel : les 'Finis ton assiette' (alors qu'on n'a plus faim), 'C'est l'heure de manger' (alors qu'on n'a pas encore faim)...

J'ai donc cherché à oublier tous les régimes et à réapprendre à m'autoréguler. Les principes semblaient simples : manger lentement, bien mastiquer, être détendu à table et concentré sur ses sensations (j'aime, je n'aime pas, j'ai faim ou je suis rassasiée...). Cela consistait donc à manger tout ce que je voulais à l'heure que je voulais et à renoncer à manger debout, dans la rue ou devant la télévision. J'ai obtenu des résultats remarquables : j'ai atteint assez vite mon poids de forme, et surtout, je l'ai maintenu pendant de nombreux mois.

3/ L'autorégulation : un miracle ?

Tout serait parfait s'il suffisait d'appliquer ces principes simples pour stabiliser son poids dans la durée...Malheureusement, l'autorégulation a ses limites : d'autres facteurs parfois incontrôlables perturbent la merveilleuse machine qu'est notre cerveau. Ces facteurs extérieurs nous déconnectent de nos sensations et nous font encore trop manger.

Parmi ces facteurs incontrôlables, certains sont cités par Zermati dans son livre :

- le stress

- les troubles boulimiques (souvent la conséquence de troubles psychologique qu'il faut soigner par thérapie)

- la prise de médicaments qui perturbent les signaux de sassiété, comme par exemple les antidépresseurs, les anti-inflammatoires ou la pilule

- les dysfonctionnements hormonaux (hyper et hypothyroïdie...)..

Pour ma part, s'il m'arrive régulièrement de retrouver l'équilibre de l'autorégulation, je passe encore malgré tout par des phases de prise de poids liées au stress ou a contrario, au bonheur (bons petits plats et aperos en couple). Et évidemment ce phénomène est accentué durant les périodes pendant lesquelles je n'exerce pas assez de sport, car le sport est une aide efficace pour stabiliser son poids : l'activité physique est un coupe-faim naturel formidable, un antistress et nous reconnecte avec nos sensations.

Ces facteurs font varier mon poids, mais de façon relativement minime : je ne dépasse jamais mon poids de forme de plus de 3 kg, alors qu'après un régime 'râté' je pouvais reprendre 10 kg en deux mois !!!

4/ Un facteur perturbant l'autorégulation bien plus sournois...

Mais j'ai noté un problème incidieux bien plus inquiétant : je pense de plus en plus sérieusement que la qualité de la nourriture ingérée joue sur notre capacité à nous autoréguler. J'ai lu des études scientifiques montrant par exemple la nocivité d'un sucre artificiel que l'industrie agroalimentaire utilise maintenant partout dans les aliments : le sirop de glucose-fructose, un dérivé du mais. Ces études montrent que ce sucre n'envoie pas au cerveau les signaux de sassiété qu'envoie le vrai sucre. Cela veut dire qu'on peut manger beaucoup plus de sirop de glucose-fructose que de vrai sucre avant de se sentir écoeuré : on boit plus de sodas, on mange plus de yaourts aux fruits...J'ai par ailleurs lu les mêmes conclusions alarmantes sur d'autres produits courants dans les aliments industriels : le glutamate, exhausteur de gout qui augmente l'appétit et perturbe les signaux de rassasiement, les acides gras trans, plus doux au gout et moins ecoeurants mais pleins de mauvais cholestérol....

J'en viens à la conclusion suivante : les gens qui s'autorégulaient avec les aliments 'naturels' ont perdu leur capacité instinctive à percevoir la sassiété ou l'écoeurement et sont en train de grossir avec tous ces nouveaux aliment artificiels....La 'fausse' nourriture' (ça me fait penser au film "L'aile ou la cuisse") nous envoie de 'faux signaux' et dérègle nos capteurs.

Au final, je me retrouve face à un dilemne : il ne faut pas s'interdire d'aliments car toute restriction cognitive provoque frustrations et craquage et il faut écouter ses envies et ses sensations, mais en parallèle ces aliments qui nous font envie nous envoient de faux signaux et perturbent notre capacité d'autorégulation...

5/ La nécessité de manger le plus 'naturel' et 'fait maison' possible

J'en arrive donc à ce principe : je dois suivre mon instinct et manger ce qui me fait envie à condition que les nutriments que j'ingère soient le plus naturels et le moins transformés possible. Ce qui m'amène tout naturellement aux aliments biologiques : je pense que les aliments bio peuvent nous aider à maigrir. Quand vous prenez de la confiture bio ou des gateaux secs bio par exemple, vous avez la garantie qu'ils sont faits avec du vrai sucre. En outre, les fruits, céréales et légumes bios étant naturellement plus riches en nutriments, nous avez besoin d'en manger moins en quantité que des aliments classiques pour en obtenir la même quantité de vitamines et oligo-éléments (le cerveau envoit les signaux de sassiété quand il a perçu l'ingestion de la quantité de nutriments suffisante).

La cuisine bio et fait maison nous garantit la qualité des produits et l'absence de substances nocives (conservateurs, colorants chimiques, faux sucres, exhausteurs de goût, pesticides...). Elle nous permet de redécouvrir le goût et réconcilie l'alimentation-plaisir et l'alimentation-santé. Enfin, c'est être citoyen que de choisir un mode de production qui respecte et préserve  notre environnement.

6/ Bilan : les grands principes de 'ma' diététique :

- pratiquer le principe de l'autorégulation avec des aliments biologiques et une cuisine fait-maison : manger ce qui nous fait envie, avec plaisir, mais seulement quand on a faim et tant qu'on a faim. On n'a pas à se sentir frustré de refuser une friandise qu'on nous propose si l'on n'a pas faim : on peut l'accepter et la manger plus tard. En phase de craquage, les personnes au régime (Zermati dit en 'restriction cognitive') sautent sur les aliments qu'ils s'interdisent et en mangent en énorme quantité comme s'ils faisaient des 'réserves' pour compenser les période de restriction. L'interdiction entraine la frustration qui entraine le craquage. Si on s'autorise tout, on peut patienter raisonnablement et attendre d'avoir faim

- se détendre à la table, se concentrer (pas d'autres activités pendant le repas (TV, radio ou autres...), manger est une activité à part entière), manger des petites bouchées et reposer sa fourchette très souvent, bien mastiquer et déguster. En gros, cela revient à 'jouer les difficiles' à table, être exigeant sur le goût des aliments. Avez-vous remarqué que c'est ce que font naturellement les enfants et les adultes minces autorégulés ? On a tendance à les critiquer, à dire qu'ils pinaillent et font les difficiles : ils cherchent avant tout le goût et le plaisir dans la nourriture, et cela leur réussit !!! C'est de cette façon qu'on détecte le rassasiement (le cerveau est capable de calculer les besoins nutritionnels du corps à quelques calories près !) et qu'on ne souffre pas de frustration : on apprécie le moment présent, on ne mange pas un plat en pensant déjà au dessert !!!

- éviter l'alcool en début de repas à jeun et le boire en quantité modérée : il faut rester sobre pour ne pas perdre contact avec ses sensations. On a tous tendance à manger davantage quand on est un peu saoûl...Cependant l'alcool, comme tout autre aliment, n'est pas à proscrire : le cerveau mesure aussi ses calories ingérées. Par contre, il faut se méfier des sirops et sodas qui contiennent des faux sucres (sirop de glucose-fructose) et qui 'trompent' nos capteurs. Il faut mieux boire de l'eau ou des sodas et sirops naturels (les sodas et sirops bios ne contiennent que des vrais sucres). Qaunt aux boissons dites 'sans sucre' ou 'zéro calories', elles contiennent des édulcorants (asparthame et autres) dont la nocivité est en cours d'étude...

- éviter autant que possible la prise de médicaments quand ils ne sont pas indispensables. Pour les femmes, se méfier de la pilule qui, mal dosée (souvent le cas des pilules remboursées par la sécu), peut perturber notre appétit...

- pratiquer une activité physique modérée (endurance) régulièrement (2 à 3 fois par semaine) : marche, natation, course à pied ou vélo...Dans l'idéal, à associer à une activité corporelle de relaxation (yoga, Taï Chi, Qi-Quong, danse, massages...). Ces activités nous détendent et nous reconnectent à nos sensations. Nous mangeons moins parce que nous distinguons mieux le besoin de l'envie de manger.

Voilà, bien manger, c'est se faire du bien et se faire plaisir, et en bonus, ça rend heureux ! On a tout à gagner à faire confiance à notre corps et à l'écouter et l'aimer davantage. Restons curieux, découvrons de nouvelles saveurs, goûtons, testons, essayons de nouvelles recettes et varions les plaisirs !