1. ON NE CONTROLE PAS LA COMPOSITION DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE

 

 Je me suis mise à lire les étiquettes des produits alimentaires courants il y a environ 3 ans. Auparavant je ne faisais mes courses qu’au supermarché et remplissais mon caddie au hasard de mes découvertes dans les rayons, me laissant séduire par les astuces du marketing (emballage sympa, arguments de vente sur la santé, nouveauté,…), les prix et promotions, les marques…Je cuisinais peu ou pas et remplissais mon frigo de manière chaotique, avec beaucoup de produits transformés et emballés, prêts à être consommés rapidement.

Et puis un jour j’ai lu le livre ‘Toxic’ de William Raymond. Ce fut un électrochoc : j’ai pris conscience que je laissais nonchalamment ma santé dans les mains de l’industrie agroalimentaire, alors que celle-ci n’a pas une logique de santé et de bien-être de ses consommateurs, mais une logique de rentabilité. 

 

Des exemples très concrets illustrent cette problématique de rentabilité, au détriment de notre santé, dans l’industrie agroalimentaire :

¬l’utilisation de produits de base à bas prix et de moindre qualité (chutes de viande et de poisson, aliments raffinés…) pour un coût global moins élevé.

¬l’utilisation très large des acides gras-trans (graisses végétales hydrogénées) : les industriels transforment de bonnes graisses végétales par émulsion pour obtenir des graisses plus volumineuses (gains en quantités) et réaliser des pâtisseries plus onctueuses. Cependant ces graisses perdent leurs qualités nutritives, leurs bons acides gras végétaux s’étant transformés en acides gras saturés donnant du cholestérol, similaires aux graisses animales…

On peut détecter ces acides gras trans sur les étiquettes, ils sont notés : ‘huile végétale modifiée’, ‘huile hydrogénée’,…

On peut rapidement se rendre compte que les produits industriels sont presque tous composés d’huile de palme hydrogénée, l’huile de palme étant déjà à l’origine une huile végétale de médiocre qualité à bon prix.

¬les ajouts abusifs de sel et de sucre : certains jambons blancs à bas prix sous cellophane comportent du sirop de glucose !!

¬l’utilisation d’additifs dont la dangerosité est à l’étude : glutamate, faux sucres, conservateurs, stabilisants, colorants….

¬Des modes de cuisson inappropriés : une cuisson trop forte (pour un gain de temps sur les cuissons douces des plats mijotés) détruit les nutriments et créent des molécules cancérogènes (réaction de Maillard).

¬Et maintenant l’utilisation d’OGM (soja et maïs surtout), avec un étiquetage douteux, alors que 80% de la population française ne souhaite pas en manger !

 

Tous ces composés non naturels ou naturels transformés ne sont pas anodins pour l’organisme. En plus du danger cancérogène, certains aliments industriels peuvent entrainer :

- des déséquilibres psychiques (les liens entre hyperactivité des enfants et les colorants sont étudiés, les édulcorant perturberaient la mémoire, l’excès de gluten est en cause dans certaines dépressions…) ;

 

- des déséquilibres sur le poids, le diabète et le cholestérol : aliments perturbant la sensation de satiété, sucres rapides et mauvaises graisses …

 

- des intolérances (allergies et troubles digestifs)

- etc…

 

Plus que jamais, quiconque veut redevenir maitre de son assiette doit revenir vers le ‘fait-maison’ : on contrôle ainsi la qualité des produits, des condiments et aromates, et la cuisson.

 

2. LES ALIMENTS BIOLOGIQUES SONT CULTIVES SANS PESTICIDES ET SANS ENGRAIS CHIMIQUES. 

 

Certains me disent que rien n’est bio parce que les cultures bios ne sont pas réalisées sous cloche. Elles sont forcément contaminées par les eaux de pluies, les cours d’eau, la pollution ambiante et la dissémination.

Pour ma part je pense que manger bio, c’est limiter au maximum notre ingestion de polluants et produits chimiques. Et c’est déjà beaucoup. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, dans l’urgence de nourrir la population, la France a choisi l’agriculture intensive et l’utilisation d’engrais et de pesticides. Aujourd’hui nous sommes l’un des pays d’Europe dont les fruits et légumes comportent le plus de résidus de pesticides, si bien qu’il parait inconcevable de continuer à les manger sans les laver à l’eau ou les peler, alors que la majeur partie des vitamines sont justement contenues dans la couche superficielle !

Nous sommes sortis des 30 glorieuses et maintenant notre priorité n’est plus la culture intensive, système encore défendu par la PAC, qui depuis des années indemnise les agriculteurs en surproduction. Notre challenge, c’est de développer l’agriculture bio et raisonnée : les produits bio sont chers parce qu’ils sont produits en trop petites quantités et ne reçoivent pas de subventions de la PAC ! Ca me parait aberrant de devoir acheter certaines céréales bios provenant d’Allemagne ou d’Espagne, uniquement parce que la France, qui est pourtant un des plus grands producteurs de céréales en Europe, n’a pas encore réellement fait le choix du bio.

Enfin l’agriculture biologique ou raisonnée respecte davantage notre environnement et devient indispensable dans une politique de développement durable. 

Dans un reportage TV sur l’écologie, les mots d’un chercheur de l’INRA concernant l’agriculture intensive m’ont marquée : « Les agriculteurs ne veulent plus travailler la terre comme autrefois (méthodes traditionnelles de défrichage coûteuses en temps et en énergie) : ils utilisent des désherbants (herbicides) qui, en plus de tuer les mauvaises herbes, tuent toute vie dans les sols (et notamment les micro-organismes qui décomposent et transforment les cadavres animaux et végétaux des sols en engrais naturels). Les sols s’appauvrissant avec le désherbage chimique et le non-respect des jachères, ils se sont mis à épandre des engrais à outrance qui polluent les cours d’eau par infiltration et écoulements (les fameux nitrates que l’on trouve aujourd’hui en grandes quantités dans notre eau potable). Les engrais ne nourrissent pas les plantes aussi bien que les nutriments naturels : cela fait des plantes malades et faiblardes qu’il faut protéger à coups de fongicides et pesticides. Les hommes mangent ces plantes malades et tombent malades ou ont besoin de compléments nutritionnels : ils consomment de plus en plus de médicaments et compléments alimentaires. Maintenant, faites le bilan de l’agriculture intensive : à qui profite la consommation à outrance des herbicides, engrais, fongicides et pesticides, des médicaments et compléments alimentaires ? Au lobby de l’industrie chimique, un des plus forts lobbies actifs auprès du gouvernement français et à Bruxelles. »

Tout est dit sur l’inertie à changer de mode d’agriculture, et pire, à désinformer les populations sur les possibilités et les avantages de la culture biologique ! Il suffit de constater la superpuissance de Monsanto et son lobbying pour imposer les OGM en Europe…

 

3. LES PRODUITS BIOS ONT PLUS DE NUTRIMENTS ET ONT MEILLEUR GOUT

 

Quand goûte aux fruits et légumes bios, on constate qu’ils ont plus de saveur. De saison, ils sont mûrs à point et comportent davantage de nutriments. 

Le goût et la qualité ont très probablement un impact sur le poids : la saveur permet au cerveau d’estimer la quantité et la qualité des nutriments ingérés (cf les études de Zermati). Avec les aliments biologiques, notre cerveau détecte plus vite la satiété : nous ingérons moins de matières, et donc moins de calories, pour obtenir la quantité de nutriments souhaités.

 

Le plaisir est un facteur essentiel dans l’alimentation : allier les produits frais et biologiques à une cuisine ‘fait maison’ préparée avec de bonnes épices, herbes et condiments, et adopter le mode de cuisson adapté, c’est se garantir une alimentation saine et goûteuse.

Mangeons sain et bon !