51gilBFisWL

Auteur : William Reymond, journaliste d’investigation. Français d’origine qui vit aujourd’hui à Dallas. Son site web : williamreymond.com

Edition : J’ai lu.

LE livre qui a radicalement changé ma vision de l’alimentation, et surtout ma façon d’acheter et de consommer. C’est très simple : depuis cette lecture (2008), je me suis peu à peu mise à lire les étiquettes, à acheter bio et à cuisiner. C’est définitivement fini pour moi les plats tout préparés en conserves, sous vide ou surgelés,...

William Reymond nous expose l’évolution de la production agroalimentaire durant le vingtième siècle : un tableau sinistre mais pourtant bien réel. Les trente glorieuses nous ont amenés, par nécessité de reconstruire nos économies, rapidement à la société de consommation, puis de sur-consommation. Dans le domaine alimentaire, les pays occidentaux ont créé l’agriculture intensive, avec ses pesticides et ses engrais, ses remembrements et ses différentes techniques d’augmentation de la productivité (élevages en batteries, agriculture en champs ouverts, abattage à la chaîne, hormones et antibiotiques, etc...). Nous produisons toujours plus, appauvrissant les sols, polluant les sols, l’air et l’eau, et créant des produits au mieux de plus en plus pauvres en nutriments essentiels, au pire carrément toxiques pour l’homme...Cette logique de surproduction est aberrante : l’agriculture n’est plus dans la logique de répondre à une demande, mais dans une logique de surproduire et de chercher par tous les moyens à écouler la marchandise.

Un exemple édifiant : la production de maïs aux Etats-Unis. Après avoir rempli les assiettes des consommateurs, les producteurs de maïs ont décidé d’écouler leur production :

  1. -dans la filière animale : les animaux d’élevage sont désormais quasiment tous nourris au maïs, comme les bovins qui ont un système digestif normalement adapté uniquement aux pâturages. En effet, le maïs acidifie leur estomac et favorise le développement de bactéries dangereuses que l’on peut ensuite retrouver dans la viande...),

  2. -dans la filière sucrière  : avec l’invention du sirop de glucose-fructose, un sucre 30% moins cher que le sucre de betterave et au goût plus doux, que l’on trouve désormais dans tous les produits de l’agroalimentaire (yaourts Danone, confitures bon marché, glaces, gâteaux, sodas, sirops...) et qui est fortement soupçonné d’être lié à l’épidémie d’obésité aux Etats-unis. En effet, le sirop de glucose-fructose n’émet pas vers le cerveau les mêmes signaux d’écoeurement au sucre que le sucre traditionnel de betterave ou de canne...Donc on peut manger davantage de produits sucrés et boire plus de sodas qu’auparavant, sans être écoeuré par les calories ingérées...

  3. -dans divers additifs alimentaires, répandus dans presque tous les produits courants (amidon de maïs, fécule de maïs, etc...).

On voit donc que la logique de productivité, de rentabilité, de croissance économique du complexe agro-alimentaire ne va pas dans le sens du respect des droits des citoyens : le droit de vivre dans un environnement sain, de manger des aliments sains, de consommer selon son juste besoin.

Je vous recommande vivement la lecture de ce livre-enquête passionnant qui débute par la mort d’un enfant aux Etats-unis, victime d’une bactérie très dangereuse qu’il a ingérée la veille dans un steak de hamburger. A l’heure du tout propre tout pasteurisé et du sur-hygiénisme, de plus-en-plus de scandales sanitaires apparaissent au grand jour car le système de surproduction alimentaire s’emballe et subit les affres de la rentabilité à tout prix.

Un livre passionnant qui changera votre manière de remplir votre caddie...

A lire également, du même auteur :

«Coca-cola, l’enquête interdite», J’ai lu : une enquête tout aussi passionnante sur la ‘World Company’ Coca-cola.