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Comme très souvent en nutrition, on entend tout et son contraire au sujet du lait et des produits laitiers : aliment indispensable au quotidien pour le Programme National Nutrition Santé (PNNS), qui recommande la consommation de trois produits laitiers par jour, ou aliment dont il faut limiter la consommation pour la majorité des naturopathes et certains diététiciens... Comment s'y retrouver ??? J'aurais tendance à vous recommander de vous renseigner auprès de différentes sources, puis, comme moi, de vous forger votre propre opinion...

La lecture du livre de Thierry Souccar, journaliste et écrivain scientifique, nous donne des pistes concrètes et argumentées pour nous forger notre opinion, au-delà des recommandations officielles dont nous ne maitrisons pas les enjeux.

1/ Avis du PNNS : les produits laitiers sont indispensables dans notre alimentation. Cet avis est-il objectif et fiable ???

  • Les recommandations du PNNS : selon le PNNS, il faudrait consommer trois produits laitiers par jour, sous forme de fromage (en petite quantité, car les fromage sont riches en acides gras saturés et en sel), lait demi-écrémé et yaourts. En diététique du sujet bien portant, basée sur les recommandations du PNNS, on nous encourage donc à introduire dans la ration alimentaire quotidienne un bol de lait demi-écrémé le matin, une portion de fromage (30 gr) le midi, et un yaourt le soir.
  • Les bienfaits des produits laitiers selon le PNNS : le lait est une source de protéines d'excellente qualité (avec une très bonne absorption par l'organisme, et contenant tous les acides aminés indispensables),de calcium, indispensable pour une bonne constitution osseuse, et enfin de vitamines B2 et B12 (on ne trouve la vitamine B12 que dans les aliments d'origine animale : cette vitamine est donc quasiment absente dans l'alimentation végétalienne). Par ailleurs, des chercheurs en nutrition (indépendants ???) essayent de corréler la consommation de produits laitiers (sous forme de yaourts notamment) avec une meilleure gestion du poids : selon eux, la consommation de yaourts régulerait la glycémie, empêchant l'organisme de stocker les sucres en graisses. 
  • Les experts du PNNS sont-ils totalement objectifs ?? Dans son livre "Lait, mensonges et propagande", le journaliste Thierry Souccar dénonce les liens étroits entre certains experts qui ont contribué à l'élaboration du PNNS et l'industrie laitière...En effet, depuis la fin de la seconde Guerre mondiale, les gouvernements français ont tout fait pour soutenir l'industrie laitière et l'aider à écouler sa surproduction de lait (elle l'avait fortement augmentée pour nourrir la population française affamée pendant la Guerre...). Il y a eu d'abord le verre de lait offert à tous les écoliers dans les années 1950, puis des recommandations appuyées pour inciter les consommateurs à boire du lait et manger des produits laitiers au quotidien. Thierry  Souccar dénonce notamment Danone, qui a infiltré le comité d'experts du PNNS pour formuler des recommandations nutritionnelles favorisant la consommation de produits laitiers...

 

2/ Avis opposés au PNNS : et si le lait de vache n'était pas fait pour nous en réalité ??

  • Le problème de l'intolérance au lactose : dans la population, de plus en plus de personnes seraient sans le savoir intolérantes au lactose... En effet, notre système digestif évolue au fil de notre vie, perdant vers la fin de l'enfance les enzymes nécessaires à la digestion du lactose (c'est le phénomène du sevrage : l'adulte ne devrait plus boire de lait...). Seule une partie de la population, du fait de ses caractéristiques génétiques, conserverait ces enzymes et pourrait continuer à boire du lait à l'âge adulte. On pense que ce sont les descendants des populations d'agriculteurs/éleveurs, qui se sont habitués durant des millénaires à boire le lait de leurs troupeaux. Ainsi, alors que 80% de la population d'Europe du Nord serait capable de digérer le lactose à l'âge adulte, les populations du Sud (Agrique, Asie) seraient elles presque totalement intolérantes... Bien évidemmment, Danone et les autres compagnies laitières ne tiennent pas compte de ces facteurs  physiologiques et comptent bien étendre leurs ventes au marché gigantesque des pays émergeants...
  • Le problème du diabète : alors que, comme je l'ai mentionné plus haut, certains chercheurs (indépendants ou financés par l'industrie laitière ???) essayent de prouver que la consommation de produits laitiers régulerait la glycémie (taux de sucre dans le sang), d'autres tendent à démontrer que la consommation de lait et de yaourt provoquerait au contraire des pics d'insuline, fatiguant le pancréas et pouvant provoquer à terme du diabète de type 2...
  • Le problème des hormones de croissance : le lait de vache a pour but de faire grossir très vite le petit veau : il contient des hormones de croissance qui ont un impact net sur la croissance des jeunes, de plus-en-plus grands. Cependant ces hormones pourraient également favoriser la prise de poids et pourraient avoir un lien avec l'épidémie actuelle d'obésité...
  • Le lait, le calcium et notre capital osseux : selon le PNNS, il nous faudrait absolument consommer trois produits laitiers par jour pour couvrir les ANC en calcium (Apports Nutritionnels Conseillés, fixés arbitrairement par l'AFSSA en étroite collaboration avec les experts du comité du PNNS à 900 mg/jour pour l'adulte bien portant). Or contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, le calcium du lait ne serait pas si facilement assimilable par les os et ne contribuerait pas à lutter contre l'osthéoporose, voire pire, la favoriserait... En réalité, on peut trouver du calcium ailleurs que dans les produits laitiers : dans certaines oléagineuses  (sésame, amandes...) et dans les légumes verts (à feuilles surtout). D'ailleurs les populations d'Asie, qui consomment très peu de produits laitiers, ne présentent pas plus d'ostéoporose que la normale. Enfin, la surconsommation de produits laitiers pourraient être également à l'origine d'arthrose...

 

3/ Mon avis :

Comme je vous le disais, dans ce fratra d'information et de mésinformation, je vous recommande de faire votre propre avis... A titre d'exemple, voici le mien :

  • en effet, je pense qu'on mange trop de produits laitiers au quotidien : quand on fait le bilan sur une journée de repas typiques 'à la française', on se rend vite compte que le lait est partout... Du beurre sur les tartines le matin, avec éventuellement un bol de lait ou un yaourt, puis un plat cuisiné le midi avec une sauce à la crème fraiche ou au beurre, du fromage et souvent un dessert laitier (crème dessert ou entremet...), et rebelotte le soir. Sans parler du lactose ajouté comme additif dans de nombreux aliments industriels... Pour ma part, j'essaie donc de limiter ma consommation à un ou deux produits laitiers par jour (exception : durant ma grossesse, j'en consomme davantage): beurre de baratte bio sur les tartines le matin, et une part de fromage ou un yaourt le midi ou le soir. Je favorise les compotes ou les crèmes végétales en dessert, et je cuisine avec de la crème de soja ou d'avoine plutot que de la crème fraiche.
  • il est essentiel de choisir des produits laitiers de qualité : je privilégie le lait frais pasteurisé bio, qui est plus riche en oméga 3 que le lait non bio, et qui n'a pas subi le processus de stérilisation UHT (il faut savoir q'un lait UHT est un lait brûlé à 150°C : il a perdu la majeure partie de ses qualités nutritionnelles, ses protéines ont été modifiées par la chaleur et les bonnes bactéries, nécessaires à notre flore intestinale, ont toutes été détruites... Certains disent que l'augmentation croissante d'intolérance au lactose de la population découlerait de ce procédé de conservation..). Je fais mes yaourts maison avec du lait frais pasteurisé bio : ces yaourts sont moins acides et possèdent d'excellents ferments pour la flore intestinale. Enfin, je n'hésite pas à alterner fromage de lait de vache (au lait cru, sauf pendant ma grossesse...) et fromage de chèvre ou brebis. 

Voilà, pour résumer, le lait n'est pas un ingrédient à bannir, mais à consommer avec modération et du bon sens.

L'alimentation est toujours affaire de bon sens et d'instinct : de tout en quantité modérée, et surtout, des ingrédients de qualité cuisinés à la maison.