Voici le trio gagnant :

  • 'Maigrir, c’est dans la tête’ du Dr Gérard Apfeldorfer, Broché
  • Maigrir sans régime’ du Dr Jean-Philippe Zermati, Poches Odile Jacob
  • ‘Le régime mastication’ du Dr Arnaud Cocaul, Thierry Souccar éditions

Ces livres sont révolutionnaires : ils balaient d’un coup toutes les théories sur l’alimentation qui ont chamboulé nos assiettes ces quarante dernières années.

1/ Les docteurs Zermati et Apfeldorfer :

Les docteurs Jean-Philippe Zermati (nutritionniste et médecin spécialiste des troubles du comportement alimentaire) et Gérard Apfeldorfer (psychiatre et psychothérapeute) ont créé en 1998 le Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids (GROS), une association qui dénonce depuis douze ans la nocivité des régimes (site web : http/www.gros.org). Ce combat vient d’ailleurs d’être conforté par les conclusions du récent rapport de l’ANSES (Agence Française de Sécurité Sanitaire, anciennement l'AFSSA) qui accuse les régimes d’être inefficaces et dangereux pour la santé physique et mentale.

Zermati et Apfeldorfer dénoncent la conséquence la plus grave des régimes : la ‘restriction cognitive’. Comme les régimes nous interdisent certains aliments qui nous plaisent habituellement, ces aliments prohibés deviennent pour nous particulièrement attractifs et nous obnubilent. Et comme nous sommes toujours plus faibles que ce que nous croyons, nous finissons toujours par ‘craquer’ et nous jeter sur les aliments interdits, sans même les apprécier et les déguster. Nous en mangeons soudain en grande quantité, comme pour stocker ce plaisir que nous nous interdirons dès le lendemain pour reprendre le régime, pleins de nouvelle bonne volonté. Ces alternances restriction/craquage (inévitables pour tout le monde : on ne peut pas tirer indéfiniment sur un élastique, il finit toujours par craquer) nous font culpabiliser, altèrent notre confiance en nous, et nous déconnectent de nos réelles envies et besoin. Elles amènent peu à peu, régime après régime, à des troubles graves du comportement alimentaire. Il est donc fondamental de comprendre qu’aucun régime n’est bon : c’est justement l’idée de ‘régime’, c'est-à-dire compter les calories ou bannir certains aliments de notre assiette, qui est nuisible.

Selon Zermati et Apfeldorfer l’alimentation doit être instinctive et source de joie et de plaisir, un peu comme mangent les enfants avant d’être perturbés en grandissant par la vie en société… On n’a pas besoin de compter les calories, le cerveau est capable de nous ‘auto-réguler’ si l’on sait l’écouter.

Lorsqu’on déguste un aliment (déguster : c’est manger un aliment que l’on trouve bon très lentement, concentré, en mastiquant bien), le cerveau est capable d’en analyser les composants et la quantité calorique, si bien que le plaisir décroit quand on s’approche du rassasiement. C’est pourquoi il faut toujours manger avec appétit (si l’on n’a pas faim, on ne mange pas, au risque sinon de manger trop et de stocker des graisses) et plaisir (si l’on se force à manger un aliment mauvais ou insipide, le plaisir gustatif ne pourra pas décroitre et nous indiquer le rassasiement).

Les livres de Zermati nous décrivent la méthode et nous donnent des exercices progressifs pour revenir à l’alimentation plaisir et consciente. Les résultats sont spectaculaires : moi qui finissais toujours mon assiette sans réfléchir auparavant, ou qui étais incapable d’ouvrir une tablette de chocolat sans me sentir obligée de la finir, je suis maintenant capable de savourer les cinq premières bouchées d’une pâtisserie et d’en refuser la sixième parce que je sens mon plaisir décroitre brusquement…Et désormais je ne me force jamais à manger des haricots verts cuits à la vapeur sans assaisonnement ou des yaourts à 0% ‘parce que c’est plus léger’ !

2/ Le régime ‘mastication’ du Dr Cocaul

Quel dommage d’avoir appelé cette méthode ‘régime’ !...Je pense que l’éditeur a voulu une formule plus commerciale, surfant sur la vague de la mode des régimes…

Le Dr Cocaul nous décrit une méthode, qui, absolument complémentaire à celle de Zermati et Apfeldorfer, est tout simplement pleine de bon sens : bien mâcher les aliments est indispensable à l’auto-régulation. Quand on mâche bien consciencieusement ses aliments, on les déguste, on les prédigère avec notre salive et on envoie les bons signaux au cerveau. On sent alors le plaisir décroitre et le rassasiement arriver (les premiers signes envoyés par le cerveau n’arrivent qu’au bout de 20mn !) : on ne cherche plus à remplir notre estomac pour savoir quand s’arrêter de manger (régulation mécanique, qui ne correspond pas à nos réels besoins), on se fie au goût de l’aliment et à sa faim véritable. C’est en mastiquant qu’on peut réellement mettre la méthode Zermati-Apfeldorfer en application.

La mastication permet :

  1. un rassasiement plus durable
  2. d’extraire le maximum de nutriments de l’aliment
  3. de redevenir ‘fin gourmet’ : déguster, apprécier
  4. de chercher à apaiser sa faim sans ‘se remplir’

En outre Cocaul nous préconise de manger toujours assis, avec des couverts, sans bruits parasites (radio, TV, discussion animée) et libre de toute émotion négative (ne jamais manger sous le coup de la colère) : ce sont les principes de l’alimentation ‘zen’.

Le repas doit être respecté, c’est un moment agréable et important pour notre équilibre physique et mental.

3/ Mon opinion

J’ai abandonné tous ces maudits régimes grâce à cette méthode globale.

Ces principes peuvent paraître enfantins, et pourtant, notre rythme de vie et la société de consommation nous éloignent des signaux envoyés par notre organisme. On ne se couche plus lorsqu’on est fatigué parce qu’on veut voir la fin du film, on mange à heures fixes parce que les horaires du boulot nous l’impose, on mange trop et trop vite devant la TV ou son écran d’ordinateur,…Ce sont tous ces dysfonctionnements, qui, associés à des intoxications mentales (imposées par les régimes et l’industrie agro-alimentaire, et même les pouvoirs publics, avec leur plan nutrition), nous déconnectent de notre corps et nous font grossir au fil des ans…

Redevenons des gourmets décomplexés, apprécions la gourmandise qui est l’un des plus beaux plaisirs de la vie : je peux vous assurer que lorsqu’on mange mieux, avec plaisir, on mange moins !

Voilà, cet art de vivre, c’est tout l’objet de mon site : une gourmandise décomplexée et surtout, heureuse.