Photos St Parres oct 2010 026Comme malheureusement beaucoup d'autres professions actuellement en France, l'agriculture est en souffrance depuis plusieurs années. On dénombre aujourd'hui plus d'un suicide d'agriculteur par jour (!).

Selon des chiffres de l'INSEE (à voir sur ce lien), la France compte 515000 exploitations agricoles. En vingt ans, leur nombre a baissé de plus de moitié, alors que le volume global de la production agricole s'est maintenu : l'agriculture française est donc devenue très productive, intensive, utilisant toujours plus d'engrais et de pesticides, détruisant les bocages et habitats naturels avec le remembrement (dont on connait maintenant les conséquences sur l'érosion des sols...). Cette agriculture intensive met en concurrence les petits exploitants avec des 'agrobusinessmen' qui savent bien mieux manipuler les produits chimiques et les chiffres des marchés financiers que prendre soin durablement de leur terre et de leurs animaux. Un bel exemple de ce désamour des agrobusinessmen pour leurs sols et leurs bêtes est la ferme aux mille vaches, qui industrialise l'élevage et réduit les animaux à l'état de consommables à produire à grande échelle.

Ce modèle d'agriculteur intensive irrespectueux des sols, des animaux -et des hommes en fin de chaine alimentaire- n'est pas durable et ne convient plus aux consommateurs désireux de manger mieux et de préserver l'environnement des générations futures (sols et eau). La problématique de cette agriculture intensive est admirablement bien expliquée dans le film "Solutions locales pour un désordre global" de Coline Serreau, que je recommande à tous mes lecteurs. 

Ecrasées pas les dettes, contraintes à une forte rentabilité imposée par Bruxelles avec une réglementation toujours plus contraignante, les petites exploitations paysannes françaises (et européennes, il suffit de voir ce qui se passe en Pologne et en Roumanie...) sont en train de disparaitre. Ce sont pourtant bien elles qui nous proposent la seule alternative à cette agriculture intensive et polluante dont nous ne voulons plus.

Heureusement, des initiatives civiques et solidaires naissent un peu partout, dont cette magnifique association "Terre de liens" que j'ai découverte grâce à l'AMAP dont je suis membre. Notre AMAP nous propose en effet du boeuf et du veau de qualité biologique, élevés en plein air, sur une exploitation rachetée par Terre de Liens et mise à disposition de Marion et Antoine. Ce jeune couple a en effet décidé de faire de l'élevage traditionnel et respectueux de l'animal (fermeatoutboutdechamp).

"Terre de liens" ? (j'ai repris les grandes lignes de leur site web)

Terre de Liens est né en 2003 de la convergence de plusieurs mouvements liant l’éducation populaire, l’agriculture biologique et biodynamique, la finance éthique, l’économie solidaire et le développement rural. Ce mouvement a inventé de nouveaux outils de travail capables d’enrayer la disparition des terres et de faciliter l’accès au foncier agricole pour de nouvelles installations paysannes :

  1. Un réseau associatif mobilisé partout en France : il accueille et accompagne les paysans pour leur accès à la terre, informe et rassemble le public autour des enjeux fonciers et agricoles, et ancre le projet Terre de Liens dans une dynamique citoyenne et locale.
  2. La Foncière, entreprise d’investissement solidaire ouverte aux citoyens, permet à chacun de placer son épargne dans un projet à haute valeur sociale et écologique. Le capital accumulé sert à acheter des fermes pour y implanter des activités agri-rurales diversifiées. La Foncière loue ces fermes à des paysans engagés dans une agriculture de proximité, biologique et à taille humaine.
  3. La Fondation, reconnue d’utilité publique, est habilitée à recevoir des legs et donations de fermes. Elle achète aussi des terres qui risquent de perdre leur usage agricole. Dans tous les cas, la Fondation garantit sur ces terres des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement à très long terme. Terre de Liens participe ainsi à la relève agricole et facilite la transmission intergénérationnelle en installant de nouveaux paysans.

Ce sont ces actions combinées qui permettent :
- d’acquérir des terres agricoles et éviter ainsi leur disparition ;
- d’en assurer la préservation à long terme par un usage écologique et responsable ;
- de mettre ces terres en location à des agriculteurs, pour une production biologique ou paysanne ;
- de partager le fruit de ces expériences avec tous les acteurs intéressés ;
- d’inventer de nouvelles réponses à la crise du foncier agricole et de réunir citoyens, décideurs et acteurs agricoles autour de ces perspectives.

Je vous invite donc à visiter le site de cette association reconnue d'intérêt public depuis l'année dernière, à laquelle vous pouvez adhérer pour devenir bénévole, bienfaiteur ou actionnaire, en sachant que vos dons seront déduits de vos impôts à hauteur de 66%. Un bon moyen d'agir pour nos paysans, nos terres, nos élevages et surtout, nos enfants.

C'est le genre d'associations qui vous réconciient définitivement avec l'humanité et qui donnent l'espoir d'un monde nouveau, solidaire, éthique et respectueux des générations futures.